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Héritage catholique, Révolution tranquille, union de fait et Code criminel : la morale conjugale a profondément changé au Québec. Voici les sujets que couvre fornication.info pour le Canada francophone.
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Les rubriques
Religions
Ce que disent les textes religieux et les Églises, les confréries ou les communautés du pays sur les relations hors mariage.
10 sujets →Droit
Ce que dit la loi du pays aujourd'hui, ce qu'elle disait hier, et les décisions de justice qui ont tout changé.
10 sujets →Langue
Les mots du pays pour dire la fornication, l'adultère ou l'infidélité, leur origine et leurs nuances.
10 sujets →Histoire
Comment le pays a nommé, jugé puis souvent cessé de punir les relations hors mariage.
10 sujets →Société
Mariage, union libre, naissances hors mariage : ce que disent les chiffres officiels et les débats publics.
10 sujets →Culture
Romans, films, théâtre et chansons du pays qui ont mis en scène la faute, la morale et la censure.
10 sujets →Religions

Ce que l'Église catholique enseigne sur la fornication, et son poids au Québec
Le Catéchisme de l'Église catholique (§2353) définit la fornication comme l'union charnelle hors mariage entre un homme et une femme libres et la juge gravement contraire à la dignité des personnes. Au Québec, où l'Église a encadré l'éducation, la santé et l'aide sociale jusqu'à la Révolution tranquille, cette doctrine a longtemps façonné les normes familiales.
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L'Église catholique face à l'union libre québécoise
Non. Le Catéchisme de l'Église catholique (§2390-2391) juge trompeuse l'expression « union libre » et refuse le mariage à l'essai : l'union sexuelle n'y est moralement légitime que dans le mariage. Ce cadre contraste avec le Québec, où 42,7 % des couples vivaient en union libre au recensement de 2021, la proportion la plus élevée des provinces canadiennes.
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Humanae Vitae et la contraception au Québec
Signée par Paul VI le 25 juillet 1968, l'encyclique Humanae Vitae exclut la contraception artificielle et n'admet que le recours aux périodes infécondes pour espacer les naissances. Au Québec, elle paraît moins d'un an avant que le Code criminel cesse d'interdire la contraception, alors que le couple fondateur de Seréna diffusait une méthode naturelle depuis 1955.
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Les évêques catholiques du Canada face aux réformes de 1969
Selon l'Encyclopédie canadienne, l'épiscopat catholique canadien a déclaré ne pas s'opposer à l'amendement de 1969 qui a retiré la contraception du Code criminel. Les évêques maintenaient pourtant leur condamnation morale de la contraception et de l'avortement, et ont repris position sur ces sujets en 1977 et en 1981 ; l'avortement est resté encadré pénalement jusqu'en 1988.
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L'Église unie du Canada et la sexualité hors mariage
L'Église unie du Canada, formée le 10 juin 1925 par des méthodistes, des presbytériens et des congrégationalistes, a fait évoluer sa lecture de la sexualité. En 1988, elle a décidé que l'orientation sexuelle n'empêchait ni l'adhésion ni l'ordination, décision contestée en interne. Elle met l'accent sur des relations fidèles, justes et responsables plutôt que sur le seul statut matrimonial.
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La zina dans l'islam et les musulmans du Canada
Le Coran interdit la zina, c'est-à-dire les relations sexuelles hors mariage ; la sourate 17 (verset 32) demande même de ne pas s'en approcher. Au Canada, où vivaient près de 1,8 million de musulmans en 2021, ces règles relèvent de la conscience religieuse : le droit canadien ne sanctionne pas ces relations entre adultes consentants.
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Relations hors mariage dans le judaïsme : repères et communautés de Montréal
Le judaïsme réserve en principe la sexualité au mariage, mais les sources nuancent : Exode 22 vise l'homme qui séduit une vierge pour laquelle la dot n'a pas été versée, et la tradition rabbinique a interprété ces règles de façons diverses. À Montréal, communauté décrite comme la plus traditionnelle du Canada, les pratiques varient selon les courants.
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Du Québec catholique au Québec sécularisé : ce qui a changé dans les mœurs
Après 1960, l'État québécois a repris à l'Église l'éducation, la santé et l'aide sociale, la messe dominicale s'est vidée et la morale sexuelle traditionnelle a été largement rejetée. Le Québec reste la seule province majoritairement catholique, mais la part des catholiques est passée de 74,7 % en 2011 à 53,8 % en 2021.
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Relations avant le mariage : ce qu'en disent les religions présentes au Québec
Les grandes religions présentes au Québec réservent traditionnellement la sexualité au mariage : le Catéchisme catholique condamne la fornication, le Coran interdit la zina et la Torah encadre la séduction. Les lectures varient toutefois selon les courants, et 34,6 % des Canadiens se déclaraient sans religion au recensement de 2021.
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L'ultramontanisme et l'encadrement des mœurs au Québec
L'ultramontanisme est un courant catholique qui défend l'autorité du pape et la prééminence de l'Église sur la vie publique. Implanté au Québec dans les années 1820, porté par Mgr Ignace Bourget, il influence l'enseignement, la doctrine sociale et les directives des évêques jusqu'aux années 1950, avant que la Révolution tranquille et Vatican II n'y mettent fin.
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La fornication est-elle illégale au Canada ?
Non. Le Code criminel canadien ne punit pas les relations sexuelles consenties entre adultes non mariés. Les infractions sexuelles portent sur l'absence de consentement, l'âge (16 ans en règle générale, 18 ans en cas d'autorité, de dépendance ou d'exploitation) et certains actes précis, comme l'inceste, les actions indécentes ou l'achat de services sexuels.
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Âge du consentement au Canada : règles et exceptions
L'âge du consentement est de 16 ans au Canada, y compris au Québec, depuis le 1er mai 2008. Un jeune de 14 ou 15 ans peut consentir avec un partenaire de moins de cinq ans son aîné, et un jeune de 12 ou 13 ans avec un partenaire de moins de deux ans son aîné, sauf autorité, dépendance ou exploitation.
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Article 172 du Code criminel : quand l'adultère figure encore dans la loi
Oui, indirectement. L'article 172 du Code criminel, toujours en vigueur en 2026, punit quiconque, là où demeure un enfant, participe à un adultère ou à une immoralité sexuelle et met ainsi en danger ses mœurs. Infraction mixte depuis 2019, elle est passible d'au plus deux ans et exige en principe l'accord du procureur général.
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Article 159 du Code criminel : histoire d'une disposition abrogée en 2019
L'article 159 interdisait les relations sexuelles anales, sauf en privé entre époux ou entre deux personnes consentantes d'au moins 18 ans, alors que l'âge général du consentement est de 16 ans. Jugé contraire au droit à l'égalité garanti par la Charte par plusieurs cours d'appel, il a été abrogé le 21 juin 2019 par la loi C-75.
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Union de fait au Québec : quels droits selon le Code civil ?
Le Code civil du Québec n'accorde pas de statut légal général à l'union de fait : sans contrat, les conjoints de fait n'ont ni patrimoine familial ni pension alimentaire entre eux. Certaines lois les reconnaissent (impôt, rentes, aide sociale), et les couples dont un enfant commun est né ou adopté depuis le 30 juin 2025 relèvent de l'union parentale.
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Le régime d'union parentale au Québec expliqué
Depuis le 30 juin 2025, les conjoints de fait qui deviennent parents d'un même enfant forment automatiquement une union parentale (art. 521.20 du Code civil du Québec). Ils partagent à parts égales la valeur du patrimoine d'union parentale (résidences, meubles, véhicules familiaux) et bénéficient de la protection de la résidence familiale, mais ne se doivent pas d'aliments.
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L'affaire Éric c. Lola et les conjoints de fait québécois
Le 25 janvier 2013, dans Québec (Procureur général) c. A (2013 CSC 5), la Cour suprême du Canada a confirmé, à cinq juges contre quatre, la validité des articles du Code civil qui réservent pension alimentaire et partage des biens aux couples mariés ou unis civilement. Cinq juges y voyaient une discrimination, mais la juge en chef l'a jugée justifiée.
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L'adultère, motif de divorce au Canada
Oui. Selon l'article 8 de la Loi sur le divorce, le seul motif de divorce est l'échec du mariage, établi par une séparation d'au moins un an, par l'adultère de l'époux visé ou par une cruauté physique ou mentale rendant la vie commune intolérable. Seul l'époux trompé peut invoquer l'adultère, qui n'est pas une infraction pénale.
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Polygamie au Canada : l'article 293 et le renvoi de 2011
Oui. L'article 293 du Code criminel interdit toute forme de polygamie et toute union conjugale simultanée avec plus d'une personne, sous peine de cinq ans d'emprisonnement au plus. Le 23 novembre 2011, la Cour suprême de la Colombie-Britannique a jugé cette atteinte à la liberté de religion justifiée, sauf pour les mineurs de 12 à 17 ans.
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Conjoint de fait aux yeux du fisc et des lois québécoises
Pour l'impôt fédéral comme québécois, une personne devient conjoint de fait après 12 mois consécutifs de relation conjugale, ou plus tôt si elle est le parent de l'enfant de l'autre. Une rupture de moins de 90 jours n'interrompt pas la période. La Loi d'interprétation du Québec et le Code civil, eux, ne fixent aucune durée générale.
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Fornication : définition et origine du mot
Selon le Catéchisme de l'Église catholique, la fornication est l'union charnelle en dehors du mariage entre un homme et une femme libres. Le mot vient du latin ecclésiastique fornicatio, dérivé de fornix, la voûte, devenu par extension le lieu de prostitution. Attesté en ancien français au XIIe siècle, il est passé en anglais vers 1300.
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Union de fait, union libre ou concubinage : quel mot employer au Québec ?
Union de fait, union libre et concubinage désignent la vie commune d'un couple non marié. L'Office québécois de la langue française privilégie union de fait, courant au Québec avec union libre, alors que la France emploie surtout concubinage. Le droit québécois parle de conjoints de fait, et le Code civil encadre depuis 2025 ceux qui deviennent parents.
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Conjoint de fait : que signifie exactement ce terme ?
Au Québec, la Loi d'interprétation (art. 61.1) définit les conjoints de fait comme deux personnes, de sexe différent ou de même sexe, qui font vie commune et se présentent publiquement comme un couple, sans durée minimale sauf disposition contraire. Les lois fiscales exigent, elles, 12 mois de vie conjugale ou un enfant commun.
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Common-law : comment traduire ce terme en français canadien ?
Dans les lois fédérales canadiennes, common-law partner a pour équivalent français conjoint de fait, et l'Office québécois de la langue française associe common-law marriage ou common-law union à union de fait. Au Canada, ces expressions ne désignent ni un mariage ni le système de la common law, mais un couple non marié qui fait vie commune.
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Union parentale : un nouveau mot du droit québécois
En droit québécois, l'union parentale désigne depuis le 30 juin 2025 le lien entre deux conjoints de fait qui deviennent parents d'un même enfant après le 29 juin 2025. Le patrimoine d'union parentale réunit notamment la résidence, les meubles et les véhicules de la famille. Le terme s'ajoute à mariage, union civile et union de fait.
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Adultère : définition religieuse et usage dans les lois canadiennes
L'adultère suppose qu'au moins une des deux personnes soit mariée à quelqu'un d'autre : le Catéchisme catholique le définit comme l'infidélité conjugale. La fornication désigne l'union charnelle de deux personnes non mariées. Au Canada, le mot adultère figure encore dans la Loi sur le divorce, comme preuve de l'échec du mariage, et à l'article 172 du Code criminel.
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Impudicité, impureté, péché de la chair : le vocabulaire catholique québécois
Dans la Bible Louis Segond, impudicité désigne les relations sexuelles illégitimes que la Vulgate appelle fornication : 1 Corinthiens 6:18 demande de fuir l'impudicité. Dans le Québec catholique, impudicité, impureté et œuvre de chair nommaient les fautes contre la chasteté, que le catéchisme de 1888 rattachait aux sixième et neuvième commandements.
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Les sacres québécois, héritage inversé du catholicisme
Les sacres québécois sont des jurons formés sur le vocabulaire du culte catholique : tabarnak vient de tabernacle, câlice de calice, osti d'hostie. Ils se développent à partir du milieu du XIXe siècle, quand l'Église domine l'école, la santé et l'aide sociale, et expriment autant l'émotion que la révolte contre son emprise.
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Chasteté : un mot religieux longtemps inscrit dans le droit canadien
La chasteté désigne la maîtrise de la sexualité selon son état de vie : continence hors mariage, fidélité dans le mariage. Le Catéchisme catholique en fait une vocation de tous les baptisés. Le Code criminel canadien a aussi employé le mot : jusqu'en 1988, la séduction n'était punie que si la jeune fille était « de mœurs antérieurement chastes ».
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Bâtard, enfant naturel, enfant né hors mariage : les mots de la filiation au Québec
Enfant illégitime, enfant naturel ou bâtard désignaient l'enfant né de parents non mariés, avec une forte charge sociale au Québec, comme le montre la pièce Tit-Coq (1948). Depuis le 2 avril 1981, le droit québécois ne distingue plus : tous les enfants dont la filiation est établie ont les mêmes droits, principe repris à l'article 522 du Code civil.
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Les Filles du roi et le mariage en Nouvelle-France
Les Filles du roi sont environ 800 femmes, souvent orphelines et sans fortune, dont la Couronne française a payé la traversée vers la Nouvelle-France entre 1663 et 1673 pour qu'elles s'y marient. Logées jusqu'à leurs noces, 80 % étaient mariées dans les six mois ; de 1667 à 1672, 41 % ont reçu une dot royale de 50 livres.
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Les mariages à la façon du pays, entre traite des fourrures et Église
Le mariage à la façon du pays désigne les unions conclues selon les coutumes autochtones entre commerçants de fourrures européens et femmes autochtones ou métisses, sans prêtre ni registre. Courantes du XVIIe au XIXe siècle, condamnées par des missionnaires, elles ont été jugées valides par un tribunal québécois en 1867 et sont à l'origine de nombreuses familles métisses.
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Du divorce pour faute au divorce sans faute : l'histoire canadienne
La première loi fédérale unifiée sur le divorce, sanctionnée le 1er février 1968, admettait des fautes conjugales comme l'adultère ainsi que l'échec du mariage après trois ans de séparation. La Loi sur le divorce de 1985, en vigueur le 1er juin 1986, retient l'échec du mariage comme seul motif, prouvé par un an de séparation, l'adultère ou la cruauté.
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Bill C-150 : quand l'État a quitté les chambres à coucher
Le Bill omnibus C-150, adopté par les Communes le 14 mai 1969 et sanctionné le 27 juin 1969, a retiré la contraception du Code criminel, permis l'avortement thérapeutique approuvé par un comité de médecins et soustrait aux poursuites certains actes homosexuels entre adultes de 21 ans et plus, en privé. Il reste associé à une formule de Pierre Elliott Trudeau.
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Quand la séduction était un crime au Canada
Oui. De 1886 à 1988, le droit pénal canadien a puni la séduction, notamment d'une adolescente de 16 à 18 ans « de mœurs antérieurement chastes » ou d'une femme de moins de 21 ans sous promesse de mariage, de deux ans de prison. Le projet de loi C-15, en vigueur le 1er janvier 1988, a abrogé ces infractions.
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Les orphelins de Duplessis, enfants nés hors mariage et placés en institution
Les orphelins de Duplessis sont des enfants placés au Québec entre 1935 et 1964 dans des crèches, orphelinats et hôpitaux psychiatriques tenus par des communautés catholiques. Beaucoup étaient nés hors mariage. Certains ont été faussement déclarés déficients, ce qui rapportait davantage de subventions. Québec les a indemnisés à partir de 2001, puis par un second programme fin 2006.
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La Révolution tranquille et la fin de la morale sexuelle d'Église
À partir de 1960, le gouvernement de Jean Lesage confie à l'État l'éducation, la santé et l'aide sociale, jusque-là tenues par l'Église. Le rapport Parent mène au ministère de l'Éducation en 1964. Dans le même mouvement, beaucoup de Québécois délaissent la messe dominicale et rompent avec la morale sexuelle traditionnelle, tandis que Vatican II renouvelle l'Église.
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Contraception interdite : le Canada de 1892 à 1969
La contraception est légale au Canada depuis 1969. Le Code criminel de 1892 interdisait de vendre des contraceptifs et d'en diffuser l'information, sauf à prouver que l'acte servait le bien public. En 1936-1937, l'acquittement de l'infirmière Dorothea Palmer, arrêtée près d'Ottawa, a fait jurisprudence. La réforme omnibus de 1969 a retiré la contraception du Code.
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1983 : du viol à l'agression sexuelle dans le Code criminel
Jusqu'à la réforme entrée en vigueur le 4 janvier 1983, le Code criminel définissait le viol comme une relation sexuelle imposée par un homme à une femme autre que son épouse. Le projet de loi C-127 l'a remplacé par trois niveaux d'agression sexuelle, applicables quel que soit le sexe, et a permis de poursuivre un conjoint, qu'il cohabite ou non.
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Comment l'union de fait est devenue la norme au Québec
Au Québec, l'union de fait a progressé avec le recul de l'Église après la Révolution tranquille : la majorité des enfants naissent hors mariage depuis 1995, et 42,7 % des couples vivaient en union libre en 2021. Le droit a suivi par étapes, jusqu'à la reconnaissance des couples de même sexe en 1999 et à l'union parentale en 2025.
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L'union libre au Québec en chiffres
Au recensement de 2021, 42,7 % des couples québécois vivaient en union libre, contre 22,7 % pour l'ensemble du Canada et 17 % hors Québec. Le Québec réunit 43 % des couples en union libre du pays, ce qui place le Canada en tête du G7. La proportion québécoise était de 34 % en 2006.
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Naissances hors mariage : la majorité au Québec depuis 1995
Au Québec, la majorité des enfants naissent de parents non mariés depuis 1995 (50,6 % cette année-là). La proportion a atteint 65,2 % en 2021 selon l'Institut de la statistique du Québec. En 2023, seulement 39 % des bébés avaient une mère mariée, contre 54 % une mère en union libre et 7 % une mère hors couple.
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Pourquoi les Québécois se marient-ils moins ?
Le Québec a célébré environ 22 700 mariages en 2025, contre 53 967 en 1972, selon l'Institut de la statistique du Québec et le démographe Benoît Laplante. Au rythme de 2025, 26 % des hommes et 29 % des femmes se marieraient avant 50 ans, contre près de 90 % au début des années 1970.
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Un Canadien sur trois sans religion : ce que dit le recensement de 2021
Au recensement de 2021, 34,6 % des Canadiens, soit 12,6 millions de personnes, déclaraient n'avoir aucune religion, contre 16,5 % en 2001. Les chrétiens restent majoritaires (53,3 %), mais leur part a reculé de 14 points depuis 2011. Le Québec, où 27,3 % se disent sans religion, est la seule province majoritairement catholique (53,8 %).
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Vivre seul ou en couple : ce que montre le recensement au Québec
Au recensement de 2021, 19 % des Québécois de 15 ans et plus vivaient seuls, record canadien, contre 15 % pour l'ensemble du pays. Les ménages d'une personne formaient 35,1 % des ménages québécois. Chez les Canadiens de 20 à 34 ans, 39 % vivaient avec un conjoint ou des enfants, contre 49 % en 2001.
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Familles recomposées : la place du Québec au Canada
Selon le recensement de 2021, 15,4 % des familles biparentales du Québec étaient des familles recomposées, contre 11,7 % au Canada. Plus d'un demi-million d'enfants canadiens de 0 à 14 ans (550 810), soit 9 % de ceux qui vivaient dans une famille de recensement, grandissaient dans ce type de famille ; la proportion atteignait 12 % au Québec.
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Contraception au Canada : usages et accès aujourd'hui
Selon l'Enquête sur la santé dans les collectivités canadiennes de 2019-2020, 79,9 % des femmes de 15 à 49 ans sexuellement actives voulant éviter une grossesse ont utilisé une contraception lors de leur dernière relation, surtout le condom (33,0 %) et la pilule (22,3 %). Le Québec atteint 85,0 %. La contraception a été retirée du Code criminel en 1969.
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Le contrat de vie commune, outil des couples en union de fait
Le contrat de vie commune permet aux conjoints de fait québécois d'organiser leurs dépenses, le partage de leurs biens et les suites d'une rupture, puisque le Code civil ne leur impose ni patrimoine familial ni pension entre ex-conjoints. Pour les parents en union parentale depuis le 30 juin 2025, seul un acte notarié peut écarter le patrimoine d'union parentale.
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Grossesse hors mariage au Québec : du scandale à la norme
Avant la Révolution tranquille, une grossesse hors mariage était vécue au Québec comme une faute : beaucoup de mères célibataires accouchaient dans l'anonymat chez des religieuses et confiaient leur enfant à une crèche. Des œuvres comme Bonheur d'occasion (1945) montrent aussi des mariages conclus à la hâte. Depuis 1995, la majorité des enfants québécois naissent hors mariage.
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Enfants nés hors mariage : quels droits au Québec ?
Oui. L'article 522 du Code civil du Québec accorde les mêmes droits et les mêmes obligations à tous les enfants dont la filiation est établie, quelles que soient les circonstances de leur naissance. Un enfant de parents non mariés a donc droit aux aliments et hérite de ses deux parents. Depuis 2025, l'union parentale protège aussi la résidence familiale.
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Tit-Coq, la pièce qui a mis en scène l'enfant illégitime
Tit-Coq, créée à Montréal en mai 1948 par Gratien Gélinas, suit un jeune soldat né hors mariage qui rêve de fonder la famille qu'il n'a jamais eue. Quand sa fiancée en épouse un autre, il renonce à vivre avec elle pour ne pas donner naissance à d'autres enfants illégitimes. Triomphe au Canada, la pièce a échoué à Broadway en 1951.
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Bonheur d'occasion et la grossesse de Florentine
Dans Bonheur d'occasion, publié en 1945 par Gabrielle Roy, Florentine Lacasse, serveuse à Saint-Henri, s'éprend de Jean Lévesque, un jeune homme ambitieux qui la délaisse. Enceinte, elle garde le secret et épouse Emmanuel Létourneau, un soldat idéaliste. Le roman montre comment une grossesse hors mariage se règle alors par le mariage.
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Les Belles-Sœurs de Michel Tremblay, une révolution sur scène
Les Belles-Sœurs, créée le 28 août 1968 au Théâtre du Rideau Vert, réunit quinze femmes venues coller les timbres-primes de Germaine Lauzon. Écrite en joual, langue populaire jamais entendue ainsi sur scène, la pièce a divisé le public ; en 1972, la ministre de la Culture a refusé une bourse destinée à diffuser l'œuvre à l'étranger.
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Kamouraska, roman de l'adultère et du crime
Kamouraska, publié en 1970 par Anne Hébert, s'inspire du meurtre d'Achille Taché, seigneur de Kamouraska, tué le 31 janvier 1839. Mal mariée au seigneur Antoine Tassy, Élisabeth entretient une liaison avec le docteur George Nelson ; ensemble, ils complotent la mort du mari. Jugée puis acquittée, elle se remarie pour retrouver sa respectabilité.
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Maria Chapdelaine, le choix d'un mari et d'un pays
Après la mort de François Paradis, perdu dans la forêt en hiver, puis celle de sa mère, Maria Chapdelaine choisit Eutrope Gagnon, le voisin, plutôt que Lorenzo Surprenant, qui lui promet l'aisance aux États-Unis. Ce choix, fait pour la famille et la communauté, affirme les valeurs traditionnelles du Canada français rural que met en scène le roman de Louis Hémon.
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Refus global, le manifeste qui a défié la morale cléricale
Refus global est un manifeste publié à Montréal le 9 août 1948. Son texte principal, écrit par le peintre Paul-Émile Borduas et contresigné par 15 artistes automatistes, rejette l'emprise du clergé, la peur et les valeurs traditionnelles du Québec. Borduas a été suspendu de l'École du meuble dès septembre 1948, et la presse a massivement condamné le texte.
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De la censure à Valérie : le cinéma québécois et la morale
Créé en 1913, le Bureau de censure du Québec coupait ou refusait les films jugés dangereux pour les enfants puis, après 1945, contraires à l'enseignement de l'Église. Une politique de classement est adoptée en 1963 et la Loi sur le cinéma de 1967 remplace la censure par un Bureau de surveillance. Valérie, de Denis Héroux, en profite peu après.
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Le Déclin de l'empire américain, portrait des mœurs québécoises
Réalisé par Denys Arcand en 1986, Le Déclin de l'empire américain est une comédie de mœurs où des universitaires montréalais parlent de leur vie sexuelle avant de se retrouver pour un repas. Le film a reçu le prix de la critique internationale à Cannes, huit prix Génie et une nomination à l'Oscar. Ses personnages reviennent dans Les Invasions barbares (2003).
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Un homme et son péché : de quel péché parle-t-on ?
Le péché de Séraphin Poudrier est l'avarice, l'un des sept péchés capitaux, et non un péché de chair. Dans ce roman de 1933, que Claude-Henri Grignon présentait comme un pamphlet contre l'argent, un maire avare refuse de payer un vrai médecin à sa femme Donalda. Au Québec, « séraphin » est devenu un nom commun désignant un avare.
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Le roman du terroir, miroir de la morale familiale canadienne-française
Le roman du terroir est un courant littéraire canadien-français, apparu en 1846 avec La Terre paternelle, qui célèbre la terre, la famille et la foi catholique. Maria Chapdelaine (1914) en est l'œuvre la plus connue. Un homme et son péché (1933) est considéré comme le premier à porter sur ce monde un regard critique et satirique.
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