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Suisse

Droits cantonaux, Réforme protestante, votations sur les mœurs : la Suisse a longtemps réglé la vie privée canton par canton. Voici les sujets que couvre fornication.info pour la Suisse romande.

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Carte de localisation : Suisse
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Les rubriques

Religions

Églises reconnues, cantons laïques : la carte religieuse suisse et la sexualité hors mariage

La Suisse n'a pas de religion d'État fédérale : l'article 72 de la Constitution confie aux cantons leurs rapports avec les Églises, et la plupart reconnaissent les Églises catholique et réformée. En 2023, l'OFS comptait 30,7 % de catholiques, 19,5 % de réformés et 35,6 % de personnes sans appartenance. Les doctrines traditionnelles réservent la sexualité au mariage.

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Zwingli et le mariage des prêtres : la Réforme zurichoise contre le célibat

Pour Zwingli, l'obligation du célibat poussait les prêtres à la fornication au lieu de les rendre chastes. En juillet 1522, avec d'autres humanistes, il demande à l'évêque de Constance de l'abolir. La même année, il épouse en secret Anna Reinhart, une veuve, puis confirme publiquement ce mariage le 2 avril 1524. Zurich ouvre ensuite le mariage aux pasteurs.

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Katharina von Zimmern : de l'abbaye au mariage, une abbesse face à la Réforme

Katharina von Zimmern (1478-1547) dirigeait depuis 1496 l'abbaye du Fraumünster à Zurich. Fin 1524, en pleine Réforme, elle renonce à sa charge et remet l'abbaye à la ville par un acte daté du 8 décembre, pour éviter un conflit. Vers 1525, elle épouse Eberhard von Reischach, un chef de mercenaires. Zurich célèbre aujourd'hui sa mémoire.

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Peut-on se marier religieusement sans mariage civil en Suisse ?

Non. En Suisse, seul le mariage célébré par l'officier de l'état civil produit des effets juridiques, et l'article 97 du Code civil interdit de célébrer un mariage religieux avant lui. La règle vaut pour toutes les confessions. Un couple uni seulement à l'église, au temple, à la synagogue ou à la mosquée n'est pas marié aux yeux de la loi.

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Un tiers de Suisses sans religion : ce que la sécularisation change au couple

Plus d'un tiers. Selon l'Office fédéral de la statistique, 35,6 % des habitants n'avaient aucune appartenance religieuse en 2023, contre environ 1 % en 1970, et les données de 2024 indiquent 36,8 %. À Bâle-Ville, les deux grandes Églises ont perdu près des deux tiers de leurs membres en 35 ans. Leurs positions sur le couple pèsent moins qu'autrefois.

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Droit

Viol en droit suisse : ce qui a changé le 1er juillet 2024

Depuis le 1er juillet 2024, l'article 190 du Code pénal suisse qualifie de viol l'acte sexuel ou tout acte analogue impliquant une pénétration du corps, commis contre la volonté d'une personne, quel que soit son sexe. La contrainte n'est plus exigée, et l'auteur qui profite d'un état de sidération de la victime est également visé.

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À quel âge peut-on consentir à une relation sexuelle en Suisse ?

En Suisse, la majorité sexuelle est fixée à 16 ans par l'article 187 du Code pénal. Un acte d'ordre sexuel avec un mineur plus jeune n'est pas punissable si l'écart d'âge ne dépasse pas trois ans. Jusqu'à 18 ans, le mineur reste protégé contre l'abus d'un lien de dépendance et contre les actes sexuels rémunérés.

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Inceste entre adultes : pourquoi la Suisse a renoncé à le dépénaliser

Oui. L'article 213 du Code pénal suisse punit l'acte sexuel entre ascendants et descendants et entre frères et sœurs, demi-frères et demi-sœurs compris, même adultes et consentants, d'une peine privative de liberté de trois ans au plus ou d'une peine pécuniaire. Le Conseil fédéral a proposé son abrogation en 2010, puis y a renoncé en 2018.

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Prostitution en Suisse : une activité légale encadrée par les cantons

Oui. En Suisse, l'exercice de la prostitution par une personne adulte et libre n'est pas une infraction pénale et relève de la liberté économique. Les cantons fixent les règles d'exercice : annonce, autorisation des salons, lieux et horaires. La traite, l'exploitation et le recours à des personnes de moins de 18 ans, puni depuis le 1er juillet 2014, restent réprimés.

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L'adultère a-t-il été un délit en Suisse ?

Non. L'adultère n'est plus une infraction en Suisse depuis le 1er janvier 1990. Le Code pénal fédéral, en vigueur depuis 1942, le punissait sur plainte d'un an d'emprisonnement au plus ou d'une amende, jusqu'à la révision adoptée en 1989. Depuis 2000, l'infidélité n'est plus non plus un motif de divorce en tant que tel.

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Langue

« Unzucht » : comment l'allemand nomme la fornication

Unzucht est un mot allemand qui désigne un acte sexuel jugé immoral, proche de « fornication » ou d'« impudicité ». Formé de un- et de Zucht, « éducation », il est attesté dès le Xe siècle au sens large d'inconvenance. Terme juridique en Allemagne jusqu'en 1973 et en Suisse jusqu'en 1992, il traduit aussi le grec porneia.

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Concubinage, Konkubinat : un mot latin au cœur de l'histoire suisse

Concubinage vient du latin concubina, lié au verbe concumbere, « coucher avec ». En allemand, Konkubine apparaît vers 1400 et Konkubinat au XVIIe siècle, au sens de vie commune durable sans mariage. En Suisse, le mot a un lourd passé juridique : des cantons ont puni le concubinage jusqu'au milieu des années 1990, et les juges parlent encore de « concubinage qualifié ».

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« Impudicité » ou « fornication » ? Les choix de la Bible Segond, née à Genève

La Bible Segond, œuvre du pasteur genevois Louis Segond parue entre 1874 et 1880, rend le plus souvent le grec porneia par « impudicité » : en 1 Corinthiens 6,18, elle écrit « Fuyez l'impudicité ». Le mot « fornication » n'y apparaît pas. La Segond 21, publiée à Genève en 2007, préfère « immoralité sexuelle », plus compréhensible aujourd'hui.

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« Non c'est non », sidération : les mots du nouveau droit sexuel suisse

« Non c'est non » désigne le modèle retenu par la Suisse pour réformer son droit pénal sexuel, en vigueur depuis le 1er juillet 2024 : un acte sexuel commis contre la volonté exprimée d'une personne est punissable. Le modèle concurrent, « seul un oui est un oui », exigeait un accord. La loi intègre aussi l'état de sidération.

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« Kiltgang » : le mot suisse des visites nocturnes de cour

Le Kiltgang désignait en Suisse alémanique, surtout à Berne, la visite nocturne d'un jeune homme à une jeune fille, une forme de cour. Le mot vient de Kilt, « fin de soirée », issu d'une racine germanique du soir. L'Église réformée combattait cette coutume, qui menait parfois à des relations avant le mariage. Le visiteur était appelé Kilter.

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Histoire

Vivre ensemble sans être mariés : quand le concubinage était interdit en Suisse

Jusqu'au milieu des années 1990. Plusieurs cantons suisses punissaient la vie commune d'un couple non marié, appelée Konkubinat en allemand. Zurich a levé cette interdiction en 1972 et Schwyz en 1992. Le Valais a été le dernier canton à le faire, en 1995 selon la plupart des sources. La Bavière voisine avait supprimé une règle comparable dès 1970.

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Internés pour « vie dissolue » : l'internement administratif en Suisse jusqu'en 1981

Jusqu'en 1981, des autorités administratives suisses pouvaient enfermer des personnes sans jugement dans des établissements de travail, d'éducation ou de détention. Un mode de vie jugé dissolu, le refus de travailler, l'alcool ou une sexualité hors mariage suffisaient. Selon la Commission indépendante d'experts, au moins 60 000 personnes ont été internées dans environ 650 établissements.

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Enfants placés de force : le sort des enfants de mères non mariées en Suisse

Les Verdingkinder étaient des enfants retirés par les autorités suisses à des familles pauvres ou à des mères non mariées, puis placés comme main-d'œuvre bon marché, surtout dans des fermes. Fréquente du XIXe siècle aux années 1960, la pratique a touché des dizaines de milliers d'enfants. Le Conseil fédéral a demandé pardon aux victimes le 11 avril 2013.

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1942 : quand un seul Code pénal a remplacé les lois des cantons

Le Code pénal suisse, adopté par l'Assemblée fédérale le 21 décembre 1937, a été accepté en votation populaire le 3 juillet 1938, par 358 438 oui contre 312 030 non. Entré en vigueur le 1er janvier 1942, il a remplacé les codes cantonaux. Il a dépénalisé les relations homosexuelles entre adultes, mais puni l'adultère jusqu'au 1er janvier 1990.

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Le Consistoire de Genève : comment Calvin surveillait les mœurs

Le Consistoire de Genève, prévu par les Ordonnances ecclésiastiques de 1541, réunissait chaque jeudi les pasteurs de la ville et douze anciens laïcs, sous la présidence d'un syndic. Il jugeait les affaires de mariage et surveillait les mœurs et la foi des habitants. Il pouvait admonester ou exclure de la Cène, et renvoyait les cas graves au Conseil.

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Société

De 1938 à 2021 : ce que les votations révèlent des mœurs suisses

Les Suisses ont tranché eux-mêmes plusieurs questions de mœurs. Ils ont accepté le Code pénal unifié en 1938 avec 53,5 % de oui, la révision du droit pénal sexuel en 1992 avec 73,1 %, le partenariat enregistré en 2005 avec 58 % et, en 2021, le mariage pour tous avec 64,1 %, approuvé par tous les cantons.

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Mariage pour tous en Suisse : ce qui a changé depuis juillet 2022

Depuis le 1er juillet 2022. Le 26 septembre 2021, 64,1 % des votants et tous les cantons ont accepté d'ouvrir le mariage civil aux couples de même sexe. La réforme leur donne l'adoption conjointe et, pour les couples de femmes mariées, l'accès au don de sperme. Le partenariat enregistré, créé en 2007, ne peut plus être conclu.

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Pourquoi les Suisses se marient encore avant d'avoir des enfants

En 2024, environ 30 % des enfants nés en Suisse avaient une mère non mariée : 23 674 sur 78 256 naissances, selon l'Office fédéral de la statistique. C'est moins que dans l'Union européenne, où la part était estimée à 41,1 % la même année, mais près de huit fois plus qu'en 1970, quand elle était de 3,8 %.

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Éducation sexuelle à l'école : vingt-six cantons, plusieurs modèles

En Suisse, chaque canton organise l'éducation sexuelle à l'école, mais les trois plans d'études régionaux l'intègrent tous. Genève l'enseigne depuis les années 1920 et la Suisse romande confie ces cours à des spécialistes formés. En Suisse alémanique et au Tessin, ils reposent surtout sur les enseignants. Un rapport fédéral de 2024 note de fortes disparités.

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Excuses, réhabilitation, contribution : comment la Suisse répare les mesures de coercition

La Suisse a présenté des excuses officielles en 2010 et en 2013, reconnu l'injustice par une loi de réhabilitation en 2014, puis créé en 2017 une contribution de solidarité de 25 000 francs par victime. Fin 2025, 11 949 demandes avaient été déposées et 11 340 acceptées. Le délai de dépôt a été supprimé en 2020.

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Culture

La Visite de la vieille dame : une grossesse hors mariage au cœur de la vengeance

Dans cette « comédie tragique » de Friedrich Dürrenmatt, créée au Schauspielhaus de Zurich le 29 janvier 1956, la milliardaire Claire Zachanassian revient à Güllen, sa ville natale ruinée. Jeune, elle avait été abandonnée enceinte par Alfred Ill, qui avait gagné le procès en paternité grâce à de faux témoins. Elle offre un milliard pour sa mort.

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La Nouvelle Héloïse : passion et vertu sur les rives du Léman

Publié en 1761, ce roman par lettres de Jean-Jacques Rousseau raconte l'amour de Julie d'Étange, jeune noble, pour son précepteur Saint-Preux, d'origine modeste. Leur différence de rang les condamne au secret. Julie épouse ensuite Monsieur de Wolmar et choisit la fidélité conjugale. L'histoire se déroule surtout à Clarens, au bord du Léman.

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Aline de Ramuz : le prix d'une grossesse hors mariage au village

Aline, premier roman de Charles-Ferdinand Ramuz publié en 1905, raconte l'histoire d'une jeune fille modeste d'un village suisse, séduite par Julien, fils d'une famille plus aisée. Enceinte, elle est repoussée par lui et rejetée par la communauté protestante du village. Le récit montre la violence sociale qui frappait alors une grossesse hors mariage.

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Roméo et Juliette au village : l'amour impossible selon Gottfried Keller

Cette nouvelle du Zurichois Gottfried Keller, parue en 1856 dans le recueil Les Gens de Seldwyla, transpose Roméo et Juliette dans un village. Sali et Vrenchen s'aiment, mais leurs pères se ruinent dans un procès pour un champ. Sans avenir commun possible, les deux jeunes gens se noient ensemble. Keller s'est inspiré d'un fait divers réel.

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Adolphe de Benjamin Constant : anatomie d'une liaison hors mariage

Adolphe, court roman publié en 1816 par Benjamin Constant, né à Lausanne en 1767, raconte la liaison d'un jeune homme désabusé avec Ellénore, compagne plus âgée d'un comte. Rejeté par la société, le couple s'isole. Incapable d'aimer comme de rompre, Adolphe promet de la quitter, et Ellénore en meurt. Le roman est un sommet de l'analyse psychologique.

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