Afrique francophone

Histoire en Afrique francophone

Comment le pays a nommé, jugé puis souvent cessé de punir les relations hors mariage.

Des baobabs dans la savane : des visiteurs et une frise du temps, avec des habitants en tenue d'aujourd'hui.
Illustration originale de fornication.info

Tous les sujets · 10

Sénégal

Les signares et le « mariage à la mode du pays » au Sénégal colonial

Aux XVIIIe et XIXe siècles, à Saint-Louis et à Gorée, des femmes africaines ou métisses, les signares, s'unissaient à des Européens selon un « mariage à la mode du pays ». Ces unions, proches du droit coutumier plus que du droit français, duraient souvent le temps du séjour du mari et restaient tolérées par l'administration.

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Mariage et statut personnel dans l'Afrique coloniale française

Sous la colonisation française, les « sujets » africains gardaient leur statut personnel : mariage, divorce et héritage relevaient de la coutume ou du droit musulman, appliqué notamment par des cadis. Seuls les citoyens relevaient du Code civil. Les originaires des Quatre Communes du Sénégal cumulaient citoyenneté, obtenue en 1916, et statut musulman.

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Après les indépendances : comment les États ont réécrit le droit du mariage

Après les indépendances, chaque État a choisi sa voie. La Côte d'Ivoire interdit la polygamie dès sa loi sur le mariage de 1964 et la Guinée en 1968, quand le Sénégal l'encadre par option dans son Code de la famille de 1972. Le Cameroun reconnaît en 1981 mariages civil, coutumier et religieux.

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Burkina Faso

Thomas Sankara face à la polygamie, à la dot et au lévirat

Président du Burkina Faso de 1983 à 1987, Thomas Sankara a placé l'émancipation des femmes au cœur de sa révolution. Il a mis fin à la dot et au lévirat, fixé un âge minimum au mariage pour lutter contre les unions forcées et interdit l'excision. Il a aussi tenté de combattre la polygamie et la prostitution.

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Mali

Aguelhok, juillet 2012 : la lapidation d'un couple non marié au nord du Mali

Le 29 juillet 2012, à Aguelhok, dans le nord du Mali alors contrôlé par des groupes islamistes armés, un homme et une femme accusés d'avoir eu des enfants hors mariage ont été lapidés à mort en public. Ce crime, dénoncé par les autorités maliennes, a inspiré le film Timbuktu d'Abderrahmane Sissako.

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Missions chrétiennes et polygamie : un conflit fondateur en Afrique

Les missions catholiques et protestantes ont généralement exigé qu'un homme polygame ne garde qu'une épouse avant d'être baptisé. Cette règle a déchiré des familles et éloigné des convertis potentiels. Elle explique en partie l'essor d'Églises africaines indépendantes, comme celle du prophète Harris, plus tolérantes envers les foyers polygames.

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Polygamie en Afrique de l'Ouest : ce que montrent cinquante ans d'enquêtes

Lentement et pas partout. Selon les enquêtes démographiques analysées par le CEPED, près de la moitié des femmes en union vivaient en union polygame au Sénégal en 1978 comme en 1992. La Côte d'Ivoire, qui l'a interdite en 1964, passe de 41 % en 1975 à 37 % en 1994. L'âge plus tardif au mariage explique une partie du recul.

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Cameroun

Cameroun : comment le délit d'adultère a traversé la réforme pénale de 2016

Le Cameroun réprimait déjà l'adultère avant 2016, avec des conditions plus strictes pour poursuivre le mari que l'épouse. La réforme pénale de 2016 a maintenu le délit à l'article 361, en visant l'épouse comme le mari qui a des relations hors de son ou ses mariages. La plainte du conjoint reste nécessaire.

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Guinée

Guinée : de l'interdiction de 1968 au compromis de 2019 sur la polygamie

La Guinée avait interdit la polygamie en 1968, sous des peines de prison rarement appliquées, alors qu'elle restait courante dans les mariages religieux. En 2018, les députés ont voulu l'autoriser librement ; le président Alpha Condé a refusé le texte. Le compromis voté en mai 2019 la permet sur option et avec l'accord de l'épouse.

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Bénin

Bénin : comment le pays est passé du Coutumier du Dahomey à la monogamie

Jusqu'en 2004, la famille béninoise relevait largement de coutumes recueillies sous la colonisation dans le Coutumier du Dahomey, qui admettait la polygamie. Le Code des personnes et de la famille de 2004, examiné par la Cour constitutionnelle, ne reconnaît plus que le mariage civil monogame. En 2013, 23,5 % des mariages restaient polygames.

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