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Islam, christianisme, traditions : quelles positions sur la polygamie en Afrique ?

Par la rédaction de fornication.infoVérifié le Lecture : 11 min21 sources
Illustration : un médaillon avec un croissant et une étoile, devant des baobabs dans la savane, entouré de passants d'aujourd'hui
L'essentiel

Quelles religions acceptent la polygamie en Afrique ?

En Afrique francophone, l'islam autorise un homme à épouser jusqu'à quatre femmes s'il les traite équitablement, l'Église catholique refuse la polygamie, et certaines Églises africaines indépendantes l'ont tolérée. Selon le Pew Research Center, 25 % des musulmans et 3 % des chrétiens d'Afrique subsaharienne vivent dans un foyer polygame.

Sommaire
  1. Que dit le Coran sur la polygamie ?
  2. Pourquoi les Églises chrétiennes la refusent-elles ?
  3. Quelles Églises africaines l'acceptent ?
  4. Quelle place dans les traditions africaines ?
  5. Que montrent les enquêtes sur la pratique selon la religion ?
  6. Que disent les codes de la famille des pays francophones ?
  7. Questions fréquentes
  8. Sources

Que dit le Coran sur la polygamie ?

Le Coran permet à un homme d'avoir jusqu'à quatre épouses, à condition d'être juste envers elles ; à défaut, il recommande une seule épouse. Le verset 3 de la sourate 4, « Les Femmes », évoque d'abord la crainte d'être injuste envers les orphelins, puis indique qu'il est permis d'épouser « deux, trois ou quatre » femmes, et prescrit une seule épouse à celui qui craint de ne pas être équitable [1]. La permission est donc conditionnelle : le texte n'impose pas la polygamie, il l'encadre, et la pratique lui est antérieure [3].

Le verset 129 de la même sourate affirme que les hommes ne pourront jamais être parfaitement équitables entre leurs femmes, même s'ils le désirent, et leur demande de ne pas délaisser l'une d'elles comme si elle était en suspens [2]. Les lectures divergent sur la portée de ce passage. Certains en concluent que la condition d'équité est pratiquement impossible à remplir et que l'idéal coranique est la monogamie ; des courants conservateurs maintiennent au contraire la permission du verset 3 et défendent l'institution [3].

Ces lectures ont nourri des législations très différentes. La Turquie et la Tunisie ont aboli la polygamie, tandis que le Maroc, avec la réforme du code de la famille de 2004, en a fait un empêchement relatif, soumis à des conditions et à l'autorisation du juge [3]. Une épouse marocaine peut exiger dans son contrat de mariage que son mari renonce à prendre une autre femme, et une clause du même type existe en Égypte [3].

En Afrique subsaharienne, les musulmans sont nombreux à juger la polygamie moralement acceptable. Dans l'enquête du Pew Research Center sur les musulmans du monde publiée le 30 avril 2013, c'est l'avis de 87 % des musulmans interrogés au Niger, 86 % au Sénégal, 74 % au Mali et 67 % au Cameroun ; hors de cette région, seule la Thaïlande dépasse la majorité, avec 66 % [13]. L'enquête de 2010 sur l'Afrique subsaharienne notait déjà une différence « prononcée » avec les chrétiens, bien plus réticents [12].

Polygamie : position de référence et pratique selon la religion

Tradition religieusePosition de référencePart vivant en foyer polygame (Pew Research Center)
IslamPermise jusqu'à quatre épouses sous condition d'équité (Coran 4:3) ; lectures restrictives fondées sur le verset 4:12925 % des musulmans d'Afrique subsaharienne ; 40 % au Burkina Faso et au Nigeria ; 10 % au Tchad
Église catholiqueContraire à la loi morale (Catéchisme, § 2387) ; s'oppose à la communion conjugale (Familiaris consortio, § 19)Pas de chiffre propre aux catholiques
Christianisme, toutes ÉglisesMonogamie de référence ; tolérance originelle chez les harristes, interdiction chez les kimbanguistes3 % des chrétiens d'Afrique subsaharienne ; 24 % au Burkina Faso ; 21 % au Tchad
Religions traditionnellesPas de doctrine unique ; polygynie liée à la descendance, aux alliances et au prestige45 % des adeptes au Burkina Faso

Pourquoi les Églises chrétiennes la refusent-elles ?

Les Églises chrétiennes refusent la polygamie parce qu'elles lisent le mariage comme l'union d'un seul homme et d'une seule femme, en s'appuyant sur la Genèse, sur l'enseignement de Jésus dans l'Évangile selon Matthieu (chapitre 19) et sur les lettres de Paul [7]. Pour l'Église catholique, la position est nette. L'exhortation apostolique Familiaris consortio de Jean-Paul II, datée du 22 novembre 1981, affirme que la polygamie « s'oppose radicalement » à la communion conjugale et contredit l'égale dignité de l'homme et de la femme (§ 19) [4].

Le Catéchisme de l'Église catholique reprend cette doctrine. Son paragraphe 2387 déclare que la polygamie « ne s'accorde pas à la loi morale », tout en reconnaissant le drame de l'homme qui, pour se convertir, devrait renvoyer une ou plusieurs épouses ; il le tient gravement obligé, en justice, envers ses anciennes femmes et ses enfants [5]. Le paragraphe 2400 range la polygamie, avec l'adultère, le divorce et l'union libre, parmi les offenses graves à la dignité du mariage [6].

L'Église d'Afrique cherche cependant une pastorale adaptée. Dans le cadre de la démarche synodale, le Symposium des conférences épiscopales d'Afrique et de Madagascar (SCEAM) a rédigé un rapport final intitulé « Le défi pastoral de la polygamie », publié le 24 mars 2026 par le secrétariat général du Synode [7][21]. Il présente l'Ancien Testament comme une pédagogie divine qui a toléré la polygamie avant d'affirmer progressivement la monogamie, et réaffirme que le mariage chrétien est monogame [7].

Le rapport plaide pour un accompagnement de proximité, sans jugement préalable, mais refuse d'avancer le baptême des polygames et juge insatisfaisant le statut de « catéchumène permanent » [7]. Il relève que la plupart des polygames concernés sont déjà baptisés, si bien que la question porte surtout sur la régularisation de leur situation et le baptême de leurs enfants [7]. Pour le détail des débats catholiques, voir l'Église catholique face à la polygamie.

Quelles Églises africaines l'acceptent ?

Les Églises fondées par des prophètes africains au XXe siècle n'ont pas de position commune : certaines ont toléré la polygamie, d'autres l'interdisent aussi strictement que les missions. L'Église harriste de Côte d'Ivoire, issue de la prédication du Libérien William Wadé Harris, né vers 1860 et expulsé de la colonie en 1915, avait une doctrine originelle tolérante envers la polygamie, en lisant l'Ancien Testament comme un miroir des sociétés africaines [8]. Reconnue par l'État ivoirien parmi les grandes confessions du pays, elle a rejoint le Conseil œcuménique des Églises en 1998 [8].

À l'inverse, l'Église kimbanguiste, issue de la prédication de Simon Kimbangu, emprisonné par l'administration coloniale belge de 1921 à 1951, interdit la polygamie, l'adultère et la fornication, ainsi que l'alcool, le tabac et la danse [9]. Ses effectifs sont mal connus : l'Église revendique plusieurs millions de fidèles, tandis que l'Encyclopædia Britannica retient des estimations comprises entre 1 et 3 millions [20].

Ces deux exemples montrent que l'étiquette d'« Église africaine » ne dit rien, à elle seule, de la position sur la polygamie. Les chrétiens vivant en foyer polygame n'appartiennent d'ailleurs pas forcément à une Église qui l'admet : l'écart entre doctrine et pratique traverse toutes les confessions, comme le reconnaît le rapport des évêques africains [7][11]. Sur le cas ivoirien, voir le harrisme en Côte d'Ivoire.

Quelle place dans les traditions africaines ?

Dans les sociétés traditionnelles, la polygynie, c'est-à-dire le mariage d'un homme avec plusieurs femmes, est le plus souvent admise sans être une obligation. Le rapport du SCEAM en résume les ressorts anciens : le prestige et le pouvoir, mesurés à la taille de la famille ; les alliances entre groupes ; la recherche d'une descendance nombreuse face à une forte mortalité infantile ; la stérilité d'une épouse ou l'absence de fils dans les systèmes patrilinéaires ; parfois la charge du travail domestique [7]. Il cite aussi le lévirat, par lequel un frère du défunt, souvent cadet, épouse sa veuve [7].

Le même rapport observe que, dans les sociétés islamisées, la polygamie est devenue « de droit », et que la pression de la tradition la maintient même dans des pays très christianisés [7]. Il relève des motifs contemporains : l'infertilité de l'épouse reste le premier invoqué dans les enquêtes, et certaines femmes voient dans le statut de coépouse une issue au rejet social qui frappe les femmes seules après un divorce [7].

Les adeptes des religions traditionnelles figurent parmi les groupes les plus concernés. Au Burkina Faso, 45 % des adeptes des religions populaires ou traditionnelles vivent dans un foyer polygame, contre 40 % des musulmans et 24 % des chrétiens [11]. La polygamie y apparaît moins comme une règle religieuse que comme une institution sociale partagée par les fidèles de toutes les confessions.

Que montrent les enquêtes sur la pratique selon la religion ?

Les enquêtes montrent une pratique concentrée en Afrique de l'Ouest et du Centre, plus fréquente chez les musulmans, mais présente dans tous les groupes religieux. Le rapport du Pew Research Center « Religion and Living Arrangements Around the World », publié le 12 décembre 2019, s'appuie sur des recensements et des enquêtes réalisés depuis 2010 dans 130 pays, dont les enquêtes démographiques et de santé [10]. Il établit qu'en Afrique subsaharienne, 25 % des musulmans vivent dans un foyer polygame, contre 3 % des chrétiens [10].

À l'échelle mondiale, la polygamie reste rare : environ 2 % de la population vit dans un foyer polygame, et moins de 0,5 % dans la plupart des pays, contre 11 % en Afrique subsaharienne [11]. Les proportions les plus fortes sont mesurées au Burkina Faso (36 %), au Mali (34 %) et au Nigeria (28 %) [11]. Au Sénégal, 23 % de la population vit dans un foyer polygame et 13 % des ménages sont polygames ; au Nigeria, 40 % des musulmans vivent dans ce cadre, contre 8 % des chrétiens [10].

Les exceptions rappellent le poids des contextes locaux. Le Tchad est le seul pays étudié où la tendance s'inverse : 21 % des chrétiens y vivent dans un foyer polygame, contre 10 % des musulmans [11]. En Gambie, au Niger, au Mali, au Tchad et au Burkina Faso, au moins une personne sur dix vit dans un foyer polygame dans chacun des groupes religieux mesurés [11]. Ces chiffres portent sur les personnes vivant dans un foyer polygame, non sur les mariages enregistrés à l'état civil [10].

Ces données décrivent une pratique, pas une adhésion. Les chrétiens et les musulmans d'Afrique subsaharienne s'opposent largement aux relations sexuelles hors mariage, mais divergent nettement sur la polygamie, que les musulmans sont bien plus nombreux à approuver ou à ne pas considérer comme une question morale [12]. Pour le classement des pays, voir les pays où l'on vit le plus en famille polygame.

Que disent les codes de la famille des pays francophones ?

Les États ont tranché différemment, et la loi ne suit pas toujours la religion majoritaire. Le Code malien des personnes et de la famille de 2011 permet à un homme d'avoir jusqu'à quatre épouses (article 307) et l'oblige à les traiter de manière égale (article 320), une formulation proche du texte coranique [14]. Au Burkina Faso, le code de 1989 laissait les futurs époux choisir la polygamie avant le mariage, avec l'accord des deux (article 258) [15]. Pew souligne qu'un mari burkinabè doit obtenir l'accord de ses épouses dès le départ pour pouvoir en prendre une autre plus tard [11].

Le nouveau Code burkinabè des personnes et de la famille, issu de la loi n° 012-2025/ALT du 1er septembre 2025, conserve ce système d'option : l'acte de mariage doit mentionner la « déclaration d'option de monogamie ou de polygamie » (article 144-8) [16]. Au Togo, le mariage civil peut de même être monogame ou polygame (article 42 du Code des personnes et de la famille) [17].

Le Bénin a fait le choix inverse. Saisie de la loi n° 2002-07 portant Code des personnes et de la famille, la Cour constitutionnelle a jugé, par sa décision DCC 02-144 du 23 décembre 2002, que l'option permettant à l'homme d'être polygame alors que la femme ne pouvait être que monogame violait l'égalité garantie par l'article 26 de la Constitution [18]. Le code finalement en vigueur prévoit le mariage monogame (article 143) [19].

La loi ne suffit pas à changer la pratique. Le Comité des droits de l'homme de l'ONU constatait en 2015 que la polygamie se poursuivait au Bénin malgré la réforme [19]. Le code béninois ne reconnaît ni les mariages coutumiers ou religieux ni les unions de fait (article 126), qui restent donc sans effet juridique [19]. Dans les pays qui admettent l'option, c'est l'acte de mariage dressé par l'état civil, et non la cérémonie religieuse, qui fixe le régime choisi par les époux [16].

Questions fréquentes

Un chrétien peut-il être polygame en Afrique ?

Pas selon la doctrine catholique, qui juge la polygamie contraire à la loi morale (Catéchisme, § 2387). Dans les faits, 3 % des chrétiens d'Afrique subsaharienne vivent pourtant dans un foyer polygame selon le Pew Research Center, et jusqu'à 24 % au Burkina Faso. Certaines Églises africaines indépendantes, comme l'Église harriste à ses origines, se sont montrées tolérantes.

Le Coran oblige-t-il à demander l'accord de la première épouse ?

Non, le texte coranique ne prévoit pas un tel accord : il pose une condition d'équité entre les épouses (sourate 4, verset 3). Ce sont des lois nationales qui ont ajouté des garde-fous, comme le Maroc depuis 2004 ou le Burkina Faso, où l'option de polygamie se décide avant le mariage avec l'accord des deux époux. Dans certains pays, l'épouse peut aussi faire inscrire une clause de monogamie dans son contrat de mariage.

La polygamie est-elle plus répandue chez les musulmans ?

Oui, en moyenne : en Afrique subsaharienne, 25 % des musulmans vivent dans un foyer polygame, contre 3 % des chrétiens, selon le Pew Research Center. L'écart varie toutefois selon les pays. Au Burkina Faso, les adeptes des religions traditionnelles (45 %) dépassent les musulmans (40 %), et au Tchad, les chrétiens (21 %) dépassent les musulmans (10 %).

Pourquoi la polygamie existe-t-elle aussi chez des chrétiens ?

Parce qu'elle est d'abord une institution sociale ancienne, liée à la descendance, aux alliances et au prestige, bien antérieure à l'arrivée des missions. Le rapport des évêques d'Afrique et de Madagascar cite aussi l'infertilité, premier motif invoqué aujourd'hui, et la pression sociale sur les femmes seules. Il note que la plupart des polygames concernés sont déjà baptisés.

Combien d'épouses l'islam autorise-t-il ?

Quatre au maximum, selon la sourate 4, verset 3, à condition de les traiter avec équité. Le même verset recommande une seule épouse à celui qui craint d'être injuste, et le verset 129 souligne la difficulté de cette équité. Le Code malien de 2011 reprend la limite de quatre épouses (article 307).

Quel est le pays où l'on vit le plus en foyer polygame ?

Le Burkina Faso, où 36 % de la population vit dans un foyer polygame selon le Pew Research Center (rapport de 2019, repris en 2020), devant le Mali (34 %) et le Nigeria (28 %). À l'échelle mondiale, la part n'est que d'environ 2 %. La pratique se concentre dans une « ceinture » qui traverse l'Afrique de l'Ouest et du Centre.

La polygamie est-elle légale au Bénin ?

Non pour les mariages célébrés selon le Code des personnes et de la famille, qui ne prévoit que le mariage monogame (article 143). Ce choix découle de la décision DCC 02-144 de la Cour constitutionnelle du 23 décembre 2002, qui a jugé l'option polygamique contraire à l'égalité entre hommes et femmes. La polygamie persiste toutefois dans les faits, selon le Comité des droits de l'homme de l'ONU (2015).

Sources

  1. quran.com — https://quran.com/fr/4:3
  2. quran.com — https://quran.com/fr/4:129
  3. fr.wikipedia.org — https://fr.wikipedia.org/wiki/Polygamie_dans_l%27islam
  4. vatican.va — https://www.vatican.va/content/john-paul-ii/fr/apost_exhortations/documents/hf_jp-ii_exh_19811122_familiaris-consortio.html
  5. vatican.va — https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P82.HTM
  6. vatican.va — https://www.vatican.va/archive/FRA0013/__P83.HTM
  7. synod.va — https://www.synod.va/content/dam/synod/process/implementation/10workinggroups/final-reports/sg2-sceam/SECAM_FRA_Rapport-final.pdf
  8. fr.wikipedia.org — https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_harriste
  9. fr.wikipedia.org — https://fr.wikipedia.org/wiki/Kimbanguisme
  10. pewresearch.org — https://www.pewresearch.org/religion/2019/12/12/religion-and-living-arrangements-around-the-world/
  11. pewresearch.org — https://www.pewresearch.org/short-reads/2020/12/07/polygamy-is-rare-around-the-world-and-mostly-confined-to-a-few-regions/
  12. pewresearch.org — https://www.pewresearch.org/religion/2010/04/15/executive-summary-islam-and-christianity-in-sub-saharan-africa/
  13. pewresearch.org — https://www.pewresearch.org/religion/2013/04/30/the-worlds-muslims-religion-politics-society-morality/
  14. genderindex.org — https://www.genderindex.org/wp-content/uploads/files/datasheets/2019/ML.pdf
  15. genderindex.org — https://www.genderindex.org/wp-content/uploads/files/datasheets/2019/BF.pdf
  16. citizenshiprightsafrica.org — https://citizenshiprightsafrica.org/wp-content/uploads/Burkina-Faso-decret-promulgation-nouveau-Code-25-Sept-3035.pdf
  17. genderindex.org — https://www.genderindex.org/wp-content/uploads/files/datasheets/2019/TG.pdf
  18. law.utoronto.ca — https://www.law.utoronto.ca/sites/default/files/documents/reprohealth/benin_2002_polygamy.pdf
  19. genderindex.org — https://www.genderindex.org/wp-content/uploads/files/datasheets/2019/BJ.pdf
  20. britannica.com — https://www.britannica.com/topic/Kimbanguist-Church
  21. vaticannews.va — https://www.vaticannews.va/en/vatican-city/news/2026-03/synod-releases-final-reports-study-group-no-2-secam-commission.html

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